Samedi dernier, c'est pleine d'entrain que je suis partie faire mon shopping de Noël. Sans me leurrer non plus (un samedi après-midi un peu plus de 15 jours avant Noël, on sait à quoi on s'expose), mais j'avais quand même chants de Noël et tintinabullements (c''est impossible à écrire ce truc...) de clochettes dans la tête. J'avais envie de trouver les cadeaux qui feraient plaisir et mettrait de la joie dans nos coeurs : bref, j'étais dans un état d'esprit totalement niais...
Bien sûr, j'avais pris soin de laisser homme et enfant à la maison : un samedi après-midi 15 jours avant Noël, ça allait être à la limite de l'émeute : j'étais tout à fait prête à le supporter (grâce à mon état d'esprit niais...) mais pas l'enfant et encore moins l'homme..je n'ai d'ailleurs pas regretté.
J'arrive finalement dans un premier magasin : une grande jardinerie et là à peine arrivée sortie de ma voiture, je prends conscience que tout le monde n'est pas dans le même état d'esprit que moi.... un couple est en effet en train d'essayer de faire rentrer un sapin de la taille d'un séquoia géant dans sa voiture (un monospace quand même...). Madame est au niveau des sièges arrières et Monsieur au niveau du coffre et cela ne se passait pas forcément dans un climat calme et détendu. Au moment où j'arrivais au niveau de leur voiture, j'ai conservé un air dégagé lorsque j'ai entendu leur bref échange. En fait, je n'ai entendu que la réflexion de Monsieur, mais elle en disait long:
Madame : "..." (mais sans doute une rélexion péremptoire du genre "laisser tomber, de toute façon c'est toujours toi qui a raison")
Monsieur : "Mais on peut bien communiquer, non ? Toi qui veut toujours dialoguer, alors dialoguons !"
Madame "..." : toujours la tête dans le sapin au niveau des sièges passagers, mais sans doute dans un état d'esprit très différent du mien...
Sentant un très léger niveau de tension (...), je passais mon chemin en m'interrogeant sur l'esprit de Noël et en m'indignant mentalement contre cette réflexion masculine très proche du coup bas (c'est à dire que j'aurais été sa femme, je lui aurai dit où il pouvait se le coller son sapin !).
Toujours avec mon air niais, j'entre dans le magasin. Au niveau des décorations de Noël, un enfant est à la limite de se faire frapper par sa mère parce qu'il veut toucher les décorations...toujours ce même esprit de Noël. Je ne trouve rien et me dirige vers un autre magasin.
Arrivé dans ce magasin de décoration, il y a du monde (forcément). Des femmes mais aussi des couples et des familles. On peut à peine se retourner par endroits. En pleine contemplation d'un article sur lequel je jetterai finalement mon dévolu, j'entends derrière moi une nouvelle réflexion masculine:
" je suis venu juste pour te faire plaisir. S'il n'y avait que moi, je serais tranquillement à la maison"...
Bon, il n'était pas forcément obligé d'en faire profiter tout le monde, mais je ne peux pas trop le blamer. N'aurait-il pas mieux valu qu'il reste à la maison tranquillement et qu'elle le retrouve en rentrant détendu et heureux de la retrouver plutôt que de le trainer comme un boulet dans des magasins, le voir irrité et sans aucune idée de cadeau pour qui que ce soit et prendre ce genre de réflexion dans les oreilles ? A voir...
A voir tous ces tableaux, je finissais par m'interroger et décrêtais que oui, il y a incompatibilité entre esprit de Noël et courses en famille un samedi après-midi de décembre...
Il y a ces mères qui ne comprennent pas ce que leur enfant fait là, ces mères pour lesquelles leur enfant est gentil, bien élevé et qui ne reconnaissent pas l'homme qu'on leur
décrit...
Il y a ces autres mères, anéanties par la souffrance de leur enfant, qui culpabilisent de n'avoir rien vu ou de d'avoir rien pu faire. Ces mères qui donneraient tout pour que rien ne soit arrivé
et qui ne pardonnent pas à cet homme pour leur avoir brisé leur enfant, la part la plus chère d'elles-même.
Il y a ces enfants qui ont aimé leur père Il y a ces autres qui ne savent pas s'ils ont encoire droit d'aimer un père qui les a fait tant souffrir, qui parfois le déteste à peine plus qu'ils
l'aiment. Il y a ces enfants qui arrivent à pardonner à leur bourreau et ces autres qui n'y arriveront jamais, ces enfants qui, parents à leur tour, se demandent s'ils arriveront à éduquer leur
propre descendance malgré ce qu'il leur est arrivé à eux quand ils étaient encore innocents.
Il y a ces hommes...certains sont jeunes à peine sortis de l'adolescence, d'autres sont plus vieux... célibataires, mariés ou pères. Certains vivaient de petits boulots, d'autres avaient de
grandes situations. Certains baissent les yeux, d'autres rigolent ou font les fiers. Tous ont un point commun, ils sont accusés d'avoir commis un crime : violeur, pédophile, tueur...
Il y a ces témoignages de victimes, sobres parfois, difficiles à prononcer souvent, éprouvants à entendre à chaque fois. Des témoignages dans lesquels chacun se retrouve : que l'on soit femme,
homme, mère, père ou enfant, à chaque témoignage, une part de nous trouve de quoi s'identifier. Des éléments de notre passé, de notre environnement nous permettent de trouver des éléments
communs avec ces personnes qui ont subi le pire parfois. Même si l'on souhaiterait le contraire et ne pas être touchés.
Il y a ces témoignages d'accusés, certains difficiles à supporter, souvent pathétiques, mais donnant rarement aux victimes les réponses qu'elles sont venues chercher.
Il y a ces face à face entre les victimes et les accusés. Celles-là demandant des explications ou des aveux et ceux-là incapables de leur donner au moins ce quelque chose qui leur
permettraient de commencer à faire la paix avec elles mêmes. Ces face à face sont tellement plein d'attentes d'un côté et de retenue ou d'incompréhension de l'autre que la tension en est
palpable. Une tension remplie d'une émotion qui vous noue la gorge et laisse planer des silences lours et éloquents.
Il y a "les faits" : il y a ceux qui ont duré longtemps ou ceux qui n'ont pris qu'un instant pour faire basculer plusieurs vies. Ceux pour lesquels le destin s'en est mélé et ceux,
nombreux, pour lesquels l'alcool a joué un rôle.
Il y a ces verdicts rendus : ces verdicts qui font s'effondrer certaines mères qui ne reverront leur fils hors de prison que dans plusieurs années mais qui satisfont ces autres. Ces
verdicts à double tranchant lorsque l'accusé est aussi le père de la victime. Ces verdicts dont on sait qu'à leur tour ils feront d'autres victimes, lorsque l'accusé, maintenant reconnu coupable,
est père d'un enfant dont l'enfance et l'adolescence sera marquée par l'absence. Ces verdicts si importants pour les victimes. Bien sûr, cela n'effacera jamais ce qui est arrivé mais c'est la
reconnaissance que ce qui est arrivé a bien eu lieu.
Et il y a nous, simples anonymes, devenus jurés l'espace d'un moment. Nous qui écoutons ces témoignages, l'enoncé des faits, les réquisitoires, les plaidoiries : toutes ces choses bien éloignées
de notre quotidien et que, sans vouloir se voiler la face, on aurait préféré ne jamais avoir à entendre. Nous qui sommes responsables du cours de plusieurs vies qui seront toutes impactées par le
verdict rendu : accusé bien sûr, mais aussi sa famille, les victimes et tout leur entourage. Nous qui, avant d'avoir été tiré au sort, ne comprenions pas les verdicts prononcés. Nous qui,
dorénavant, n'émettrons plus d'avis sur une peine prononcés par une cour d'Assises parce que nous savons à quel point la tâche est difficile.
Certains disent qu'il ne faut plus penser à cette période une fois que la session de Cour d'Assises est terminée. Moi, cela ne me hante pas mais il arrive qu'un lieu, un nom, une situation me
refasse penser à ces hommes, ces femmes et leurs vies gâchées et je suis reconnaissante à la vie, au destin de m'avoir permis de ne jamais connaître ça jusqu'à présent.
J’ai beau zapper sur mes 6 radios pré-enregistrées, rien n’y fait (bon d’accord, il y a une radio d’info et une radio d’autoroute) : à des moments, je suis incapable d’avoir de la musique. Je me dis alors que je devrais profiter de cette animation de qualité, rire aux bonnes blagues, écouter la pub et mon horoscope…Mais non, moi, entendre parler le matin ça m’énerve. Quand c’est la pub, je zappe, quand c’est l’animateur qui papotte, je zappe, quand c’est l’heure du super jeu avec l’auditeur au téléphone, je zappe…du coup le matin je n’arrête pas de zapper. J’en suis presque à vouloir partir plus tard au boulot : lorsque 9h a sonné, les radios retrouvent leur douce torpeur et moi je peux me réveiller en douceur…
Ce jour donc marque le début d'une reprise en main afin que la balance se sente moins oppressée lorsque je lui monte dessus (la pauvre). Bien sûr, c'est maintenant largement trop tard pour l'opération "maillot de bain" qui aura lieu dans seulement 3-4 semaines mais l'objectif est maintenant de limiter les dégâts et de se concentrer sur le moyen terme...
Concernant le sport, je n'ai malheureusement pas été aidée par la météo qui s'acharne : cela fait plusieurs semaines que le temps est à l'orage et/ou la pluie et/ou le froid le soir après le boulot. Cela fait quelques fois que j'envisage de mettre Pépette sur le siège bébé et de partir faire une demi-heure de vélo pour brûler quelques calories dans les côtes par chez nous, mais arrivée l'heure dite, il pleut ou le temps menace...Il en est de même pour les week-ends. Les derniers week-ends où l'on a été à la maison, le temps s'est toujours dégradé au moment où l'on pensait partir. Cependant je ne désespère pas (ce soir peut-être...).
Concernant l'allaitement, c'est pour l'instant le moyen le plus facile que j'ai vu de ne pas grossir, voire même de maigrir mais cela a un effet pervers : on s'habitue à pouvoir manger sans faire de sport et sans grossir...et quand l'allaitement s'arrête les mauvaises habitudes restent ! De toute façon, ce moyen là n'est actuellement plus à ma disposition...une prochaine fois: mais il faudra forcément grossir avant ;-)
Or donc, me voilà désormais obligée de manger sainement, de manière équilibrée et en faible quantité : youpi (méthode Couet) !

